Le retour de Smart dans le segment des micro-citadines s’annonce bien plus ambitieux (et piquant) que prévu. Alors que Renault prépare une nouvelle Twingo électrique à bas prix, le come-back de Smart prend une tournure inattendue. Avec une cible européenne mais une fabrication chinoise, la future Smart #4 pourrait bien bouleverser la donne, tout en suscitant quelques inquiétudes chez Renault.
Smart #4 : un retour motivé par la base d’utilisateurs
Ce n’est pas un hasard si Smart envisage sérieusement de relancer une citadine quatre places. La marque compte toujours sur une solide communauté de plus de 2,2 millions d’utilisateurs des modèles ForTwo et ForFour. Ce support massif, combiné à un réseau de distribution historiquement bien implanté en Europe, donne du poids au projet.
Selon Dirk Adelmann, PDG de Smart Europe, un successeur à la ForFour est bien à l’étude. Même si rien n’est encore lancé officiellement, ce projet aurait un double intérêt : répondre à la demande des anciens clients… et rentabiliser la nouvelle plateforme de la Smart #2.
Une fabrication chinoise pour toucher l’Europe
Si Smart vise clairement le marché européen, la production, elle, sera délocalisée. Comme la future Smart #2, la #4 serait fabriquée en Chine, grâce à la coentreprise entre Mercedes-Benz et Geely. Ce choix industriel optimise les coûts, mais aura une conséquence directe : la #4 ne pourra pas bénéficier du bonus écologique en Europe, contrairement à certains modèles produits localement.
Un détail qui pourrait peser lourd dans la bataille des prix, surtout face à une concurrente directe bien connue…
Face à la Twingo électrique : sœur d’usine, ennemie de marché
Ironie du sort, la probable Smart #4 et la future Renault Twingo électrique partageraient certaines lignes d’assemblage. Malgré ce lien industriel, elles pourraient vite devenir des rivales frontales sur le plan commercial.
Renault a annoncé que sa nouvelle Twingo sortirait un modèle d’entrée de gamme à moins de 20 000 € hors bonus. Un prix très agressif, renforcé par la fabrication européenne qui lui permettrait de profiter des aides gouvernementales.
À l’inverse, la Smart #4 devra composer avec un tarif potentiellement plus élevé, faute d’aides publiques. Un vrai défi pour séduire un public sensible au prix… surtout dans l’univers ultra-compétitif des citadines électriques.
Des différences attendues avec l’ancienne ForFour
Si la future Smart #4 succède bien à la ForFour, il faudra s’attendre à de nombreuses évolutions. Deux changements majeurs sont déjà évoqués :
- Une fabrication localisée en Chine, avec une logistique prévue pour desservir principalement l’Europe.
- Un positionnement plus premium que la Twingo, sans forcément viser les mêmes clients ou les mêmes usages.
Ces choix stratégiques laissent entrevoir un modèle plus intelligent, connecté, et probablement mieux équipé, mais aussi moins accessible pour les petits budgets.
Faut-il s’inquiéter pour Renault ?
La renaissance de Smart vise clairement à marquer un coup. Une citadine électrique premium, bien construite, au design novateur, pourrait séduire une clientèle urbaine en quête d’un style différent. Mais en restant au-dessus de 20 000 € sans aides, la Smart #4 devra montrer autre chose qu’un simple look sympa.
En face, Renault joue une carte ultra-compétitive : une Twingo conçue pour l’accessibilité, avec la promesse d’un véhicule à bas prix, simple, mais efficace. Et dans un contexte où le marché vise à démocratiser l’électrique, cela pourrait suffire pour prendre l’avantage.
Vers une guerre des mini-électriques ?
L’année 2026 sera capitale. D’un côté, Renault mise sur une Twingo électrique à bas coût pour s’imposer dans les villes. De l’autre, Smart cherche à se réinventer avec un modèle plus ambitieux, capable de redorer son image.
Ce duel ne fait peut-être que commencer. Mais une chose est sûre : les citadines électriques n’ont pas dit leur dernier mot. Et ce retour de Smart dans les rues d’Europe pourrait bien tout changer… ou presque.












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